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Monuments, stèle, mobiliers classés

Le Christ de Notre-Dame des Champs

Classé Monument historique, il est daté du XVe siècle, et  il fait partie du mobilier religieux de l’église Saint Pierre de Mostuéjouls (Notre-Dame des Champs).

Il a bénéficié d’une restauration en 2001 grâce à l’ADPCM.

Le christ du XVe siècle

Stèle Gallo-romaine

Trouvée par la famille Vernhet en labourant un champ au pied de l’Andurme, cette stèle est une des nombreuses traces  de la présence Gallo-romaine dans la région.

Monument dédié au spéléologue Edouard Alfred Martel

Après avoir pendant dix années, longuement et en détail arpenté, scruté, fouillé, exploré les plateaux ; les ravins, les cavernes, les eaux souterraines des Causses, E.A.Martel commence sa carrière de spéléologue à Bramabiau (Gard). Il s’engage ainsi avec quelques compagnons dans une cavité rocheuse où s’engouffre un ruisseau connu sous le nom de Bonheur et reparaissant plus loin à l’abîme de Bramabiau. Cette expédition reconnaît deux kilomètres de galeries. Ce même mois de juin il explore avec la même équipe la grotte de Dargilan en bordure des gorges de la Jonte (Lozère) sur un kilomètre et demi. La spéléologie est née.

Il écrit un ouvrage intitulé « Les Cévennes et la région des Causses », qui présente le tableau fidèle  des connaissances acquises en cette fin du XIXème siècle, et la beauté de la région des Grands Causses avec pour dédicace : « Aux Lozériens je dédie ce livre, avec le vœu qu’il fasse quelque bien à leur beau département méconnu. » E.-A. MARTEL.Par cet ouvrage, E.A Martel ouvre la voie du tourisme dans la région des Grands Causses.

Erigé en hommage au personnage et à ses travaux, le monument, situé à Mostuéjouls devant le pont du Rozier, a été inauguré en 1927, donc de son vivant. Martel a tenu à y associer son fidèle compagnon spéléologue, Louis Armand, forgeron au Rozier, le découvreur de l’Aven qui porte son nom.

A propos du monument Martel à Mostuéjouls

(Article du Journal de Millau du Jeudi 25 Juillet 1996)


Le monument Martel, souvenir d’un des plus grands explorateurs. Nous sommes le 11 juin 1927, non loin du confluent du Tarn et de la Jonte. Par un bel après-midi, une caravane de voitures et un attroupement de messieurs en costume, dames en grandes robes et chapeaux attendent devant un dôme couvert d’un voile. Il parait que depuis ce matin, l’aven Armand est ouvert au public après trente ans d’attente…

Situé sur la commune de Mostuéjouls, voici l‘histoire du monument Martel-Armand, les précurseurs du tourisme et du développement de notre région à l’époque où elle était encore vierge et les avens inondés.

Quel randonneur, chasseur d’images, grimpeur et surtout spéléologue n’est pas passé devant ce monument le week-end dernier? Son emplacement n’est pas là par hasard. Martel lui-même l’a voulu ainsi : dans l’une de ses correspondances il écrivait : « c’est en effet le triangle des platanes, rive droite du nouveau pont qui ne plairait le plus ».

La première idée avait vu le jour en 1914 et fut stoppée par la guerre; durant l’été 1926, le Syndicat d’Initiative de Millau, présidé alors par le docteur Bompaire, fait resurgir le projet d’un monument afin de prouver sa reconnaissance à M. Martel, explorateur infatigable, écrivain de plusieurs ouvrages sur la région. Suite à l’échange de plusieurs courriers entre eux, Martel se laisse convaincre à condition d’être aux côtés de son fidèle collaborateur Louis Armand (1854-1921), forgeron du Rozier connu pour son adresse et son sang-froid lors d’explorations souterraines (lors de la construction du pont du Rozier il devint scaphandrier et posa au fond de l’eau les premières assises).

Une souscription est lancée afin d’obtenir les fonds nécessaires à la construction et paiement des honoraires du sculpteur J. Malet, statuaire parisien originaire de Millau. Le monument serait composé de deux portraits en bronze : le buste de Martel et le médaillon d’Armand avec plaque pour attributs et inscriptions. L’ensemble sur une plaque de béton. Hauteur totale 3,70 m environ. Les matériaux (stalactites, stalagmites, roches) seront apportés de l’aven.

De ce temps à Paris, Martel effectue des séances de pose dès novembre 1926 et c’est le 24 mai 1927 que la lourde caisse de bois arrivera en gare de Millau, suivie quelques jours plus tard par Malet.

Les travaux commencent début juin 1927 avec l’aide d’ouvriers locaux, Martel choisi les matériaux à l’aven et le montage final est achevé en six jours.

La journée du 11 fut bien remplie : d’abord l’inauguration de l’Aven Armand, ensuite le Dr Bompaire prenait la parole au pied du monument, au milieu de personnalités et d’amis. Après avoir résumé les grands services rendus à notre région par celui qui était honoré par le bronze, il s’écriait ‘Martel est notre grand bienfaiteur, le grand bienfaiteur du Pays des Causses’. Vers lui montent spontanément les témoignages d’affection, les élans de gratitude de tous ceux, habitants des plateaux ou des vallées qui, par lui, grâce à lui, sont devenus fiers de la terre qui les a vu naître.

Martel remerciera alors avec émotion, reportant le mérite de son oeuvre sur ses collaborateurs : Arrnand d’abord dont il a voulu que la rude figure accompagne la sienne dans Ia réalisation de Malet, Viré, Paul Arnal, les frères Gaupillat, Fabié, Mazauric, Foulquier…’.

Ce jour-là, au pied de son monument, il fut élevé au grade de commandeur de la Légion d’honneur.

Martel revient plusieurs fois dans notre région passer les vacances à « La Sablière » chez ses cousins Gaupillat. Malgré son âge, il continua à prendre des notes en vue de son prochain ouvrage, il vint pour la dernière fois le 8 juillet 1935 visiter l’aménagement du rocher du Cinglegros en compagnie de ses amis Balsan et Gaupillat.

Il s’éteignit en son château de La Garde à Montbrison (Loire) le 3 juin 1938 à l’âge de 79 ans et fut inhumé au cimetière Montmartre, non loin de son appartement de la rue Daumale.

Martel et Armand scrutèrent les Causses du haut de leur piédestal  jusqu’au mois d’avril 1943 où deux hommes dessellèrent les bronzes puis partirent en emportant leur butin laissant le socle vide !

Grâce au maire de Mostuéjouls, les bronzes n’allaient pas servir à fabriquer des obus ; mais reposeraient tranquillement dans la paille au fond d’une vieille auto remisée dans un coin de garage d’hôtel.

D’avril 1943 à janvier 1945, l’auto compromettante et ses deux occupants durent émigrer à Saint Pal, car l’hôtel fut réquisitionné par les Allemands. Voici donc l’histoire du monument Martel, monument qui méritait bien d’être restauré et remis en valeur.

Jean-Jacques DESPERIES